Eloge de l’invasion

J’étouffe ! Non pas que je sois victime moi-même d’une oppression insupportable, ou enfermé dans un cul de basse fosse. J’étouffe sous la camisole des pensées obscures. Je ne regarde pas la télé, je lis des journaux modérés, je ne suis pas paranoïaque, je peux circuler comme je veux (lorsque j’en ai les moyens), je ne suis ni noir, ni arabe. Pourtant, j’étouffe. Même quand je ferme toutes les écoutilles, des cris traversent les murs, remontent des abysses. Les cris de ceux qui étouffent. Les cris de ceux qui fuient. Les cris de ceux qui se noient. Et j’ai beau me boucher les oreilles, j’entends aussi les paroles qui tentent de couvrir les cris, les paroles qui tuent. Comme celles du monstre Cameron, l’odieux rosbif saignant qui ne veut même pas entendre parler d’accueillir quelques centaines de rescapés dans son île et met dans la balance une sortie possible de son pays de l’Europe. Et alors ? Ciao mec ! Bye bye ! Casse-toi connard ! Tu peux garder ton tea time, ta City, tes beans juste pour toi, et brailler God fuck the queen avec tes potes. Bon débarras !

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En France, l’étouffoir est à l’œuvre, aussi crûment. On n’y parle que de la montée du FN, en inversant le symptôme et la cause. Car ce n’est pas le thermomètre qui provoque la fièvre. Si le FN monte, c’est parce que beaucoup de Français se retrouvent dans ses idées. Il en a rien à péter, le Françaoui, des noyés en Méditerranée, du colonialisme et du néocolonialisme, de l’esclavage et du pillage des matières premières. Sans parler de la liberté d’expression. Laissez-moi rire ! Même la laïcité est devenue synonyme d’oppression des minorités, alors qu’elle devrait permettre de les défendre. Et quand Emmanuel Todd dénonce la vague nationaliste et xénophobe qui transpire derrière Je suis Charlie, c’est toute l’élite intellectuelle et politique qui lui tombe dessus, le traitant de traitre et de blasphémateur de la République. Quand Valaud-Belkacem annonce sa réforme du collège, c’est la clique des défenseurs de la prétendue « identité nationale » qui se met en branle. Les Lang, Gallo, Finkielkraut, peu leur importe que la réforme soit bonne ou mauvaise, et qu’elle ait été décidée pour faire face à un échec scolaire massif. Ce n’est pas de cela qu’on discute, mais des dangers qui pèsent sur les langues mortes, donc sur les racines gréco-latines de la France ! Que la langue française soit apparentée en grande partie au grec et au latin, on ne peut le nier, mais qu’une fois de plus l’élite intellectuelle du pays confonde l’identité de la langue et celle du pays, la langue et la nation, montre bien que le mal est partout, le mal identitaire, le mal nationaliste, le mal unificateur, le mal ethnocentriste, le mal jacobin, le mal blanc. Il n’a pas attendu la montée du Front National pour exister. Il est constitutif de la République et de ses « valeurs ». Et c’est bien ce mal qui m’étouffe. Comme c’est ce mal qui noie les migrants à nos portes. Le mal national. Les Belkacem, famille modeste du Rif, ne sont ni Grecs, ni Latins. Pour la plupart des Français, la ministre qui en descend n’est pas tout à fait française. On n’en sort pas.

Pourquoi les dirigeants européens refusent-ils l’accès aux fuyards ? En dépit de tout. Et même en dépit de l’avis de leurs amis chefs d’entreprise, plutôt contents de voir arriver une main d’œuvre jeune et motivée, dans leurs pays vieillissants. En dépit des solutions possibles, que tout le monde connaît : visas temporaires renouvelables, achats de visas aux Etats pour assécher le trafic des passeurs, et même ouverture totale et régularisation, qui ne provoqueraient pas, d’après les études, d’immigration massive, mais rapporteraient économiquement, au lieu d’une surveillance et d’une rétention fort coûteuses. Mais non, il n’en est pas question, même au nom d’un juste droit à la réparation, même au nom du droit à la vie. Car il semble plus important de protéger de prétendues « identités nationales ». C’est donc bien une affaire de racisme et de xénophobie. Pas seulement de démagogie. Une conviction profondément ancrée qui appartient à l’élite tout autant qu’au peuple. Pour l’éradiquer, il n’y a pas d’autre solution que de porter le fer sur la plaie. Ouvrir les frontières. Appeler à l’invasion. Une invasion positive parce que voulue. Invasion des hommes et des langages, accueillis à bras ouverts, en libérateurs. Une invasion qui ouvre la langue à toutes les influences. Mais franchement, faire avaler leurs sabres aux académiciens est un dégât collatéral qui ne fera pleurer personne. Quant à la mise à sac de l’Ena, elle sera notre nouvelle prise de la Bastille !

Gérard Alle

Bretagne nous te fuirons !

Les gens ont commencé à se poser des questions le jour où la tour a atteint 500 mètres de haut. Un vieux Carhaisien s’est souvenu qu’au début les Chinois prévoyaient d’en faire une usine pour produire de la poudre de lait infantile. Mais beaucoup de sang a coulé sous les ponts de Bagdad depuis le début des travaux. Et le président Troadec n’a-t-il pas été élu pour la deuxième fois en battant Marion Le Pen avec 92 % des suffrages exprimés… Il fait ce qu’il veut ! Il a bien fait construire un métro pour rejoindre son palais d’été de l’Ile Longue où l’attend tous les soirs son grand vizir, langoureusement allongé prés d’une auge en granit qu’on remplit en permanence de Coreff fraîche « Sacré Grall ».

L’autre jour « Sacré Grall » a eu des visions et a commencé à délirer. Dans ce cas on fait vite venir en métro un vieux scribe de « l’office de la langue bretonne » car lui seul peut traduire le sabir surunifié du vizir.

« Les Bretons ne sont pas venus de Cornouailles ni du Pays de Galles, ils viennent de Véga. »

Encore plus fort qu’Henri Guaino et l’homme africain pas assez rentré dans l’histoire.

Le président Troadec a aussitôt donné ses ordres en pointant son doigt sur un point brillant dans le ciel.

« Qu’on fasse hausser la tour de cinquante étages ! »

Et les ouvriers ont intérêt à s’exécuter fissa car les Bonnets Rouges veillent et le bagne d’Ouessant peut loger gratos les récalcitrants.

Alors n’hésitons pas et devant une réussite aussi éclatante crions tous en chœur :

« Vive le président Troadec !!! »

Captain Krampouz

Pierre Duclos…

Ce petit dessin « d’époque » de mon vieux pote Nono, en souvenir du Canard de Nantes à Brest et de son créateur Pierre Duclos, disparu dans la nuit de vendredi à samedi dernier… Pierre était l’exemple même du journalisme refusant de se coucher, et ce journal jubilatoire, un véritable bouillon de culture anti conformiste…

Alain Goutal

a nono canard DS

Un duo de champions

Je viens de piger « quelque chose » et ce « quelque chose » va singulièrement reposer mon cerveau tourmenté. Depuis quelques années, j’essaie de comprendre ce qui, à mes yeux, n’a jamais été rationnel. Pourquoi le maire de Carhaix est-il aussi populaire ? J’ai rapidement écarté de la liste des raisons plausibles, le « fantasme ». Christian Troadec ne fait pas rêver, même pendant les Vieilles Charrues, dans les rues de Carhaix, sur son engin à deux roues, avec son bermuda et son casque de scooter vissé sur la tête. Ce n’est pas la faconde non plus qui l’étouffe. Christian Troadec, on n’a pas envie de rester trois plombes l’écouter. Mieux vaut encore tailler une bavette à la buvette; il y a plus de chance d’obtenir quelque chose d’un verre de Coreff que d’une logorrhée officielle dont la seule vertu est de donner un peu de réconfort à celles et ceux qui ont perdu l’ouïe. Depuis toutes ces années, si le maire de Carhaix avait un programme, ça se saurait. Loin devant les socialistes et les nouveaux « Républicains », il est celui qui a le moins tenu ses promesses de campagne. Il n’est pas non plus l’homme providentiel. S’il est l’homme à la catapulte, il est aussi, l’homme aux casseroles (grève des intermittents du spectacle en 2004, l’hôpital de Carhaix, etc.) et aux girouettes (UDB, Royaliste, Vert, Modem, etc.).

C’est quoi alors son truc ? Christian Troadec fait marrer à peu près tout le monde sauf François Pinault et les quelques électeurs qui ne votent pas pour lui. Ce matin, il a obtenu sa première signature d’élu dans la course à la présidentielle 2017 (lire l’info). Le petit rigolo se nomme Paul Mumbach, il est le maire roux, mais sans étiquette (deux étiquettes, ça commence à faire beaucoup), de Dannemarie, en Alsace et a appelé, en début d’année, au boycott des élections régionales pour protester contre la fusion des régions Alsace-Lorraine et Champagne-Ardenne. Un génie de la politique, donc, dans la droite ligne de son nouveau camarade de jeu. Le duo de champions, me souffle-t-on, posera « la pierre angulaire d’une campagne commune à la prochaine fête de la bière d’Eglingen (à moins de 7 Km de Dannemarie) ».

Sainte Agnès

Dur d’oreille

C’est la consternation à l’EHPAD « Kan an dour ». Auguste Chélin dit « Gus » est au plus mal depuis hier. Vous me direz que 86 ans c’est un joli score et qu’ici comme ailleurs il faut faire place aux jeunes. Il n’empêche, ça fiche un sacré choc surtout aux aides soignantes qui le connaissent et qui apprécient sa conversation et son humour. Auguste est la mascotte de l’EHPAD, tout le personnel est aux petits soins pour lui. Il est de nature enjouée et a toujours une histoire à raconter.
Mais ce soir on passe devant sa chambre en faisant « chut » car il ne faut pas troubler le repos du mourant. Même sa petite radio toujours allumée est en berne. Auguste a passé toute sa vie dans le vacarme des tracteurs dont il réparait les entrailles avant de les refaire vrombir. Il aimait le son du diesel et l’ambiance bruyante des ateliers.
Ce silence n’est pas de bonne augure.
C’est bien ce que se dit le docteur Lallinec en poussant la porte d’Auguste. Mais après un rapide examen de l’agonisant, il faut bien se rendre à l’évidence, son heure n’est pas encore venue.

- Alors Auguste qu’est ce qui ne va pas ?
- Je veux mourir
- Mais vous êtes en pleine forme, pourquoi voulez-vous mourir ?
- A cause de la radio !
- Et qu’est ce qu’ils ont bien pu encore raconter dans cette fichue radio Auguste ?
- Ils ont dit que chaque malade en fin de vie aurait le droit à une fellation profonde et continue…

Captain Krampouz

Grève au bar des Ondes

Franchement, elle vous dérange, vous, la grève à Radio-France ?

France-Inter, France-Info, France-Bleue (France-Bleue !!!), France-Culture, France-Musique… et FIP, et Mouv’ (notez bien l’apostrophe branchissime)…

Remplacez le mot « France » par les mots « USA », « Paris », ou « Pub », vous aurez à peu près l’état de ce que Radio-France (« France ! ») diffuse, en temps normal ou en temps de grève. De la musique étatzunienne et parisienne en majorité… Leur parlez pas de musique bretonne, ou « provinciale » (notez les guillemets, prenez des pincettes), ni de musique d’ailleurs dans le  tiers-monde (« world music », qu’ils appellent ça, en bon parisien dans le texte), à moins qu’elle soit produite à Paris, 75, ou dans le 9.3, avec des gourmettes. Ni d’Outremer (« Dom-Tom », qu’on dit, pauv’naze). Et surtout pas de « chanson française », wouarrrgueul hêêêêrk, passe-moi la cuvette.

Et me parlez pas d’info, ni de journalisme (Pascale Clarke, officiellement « intermittente »… ça vous parle, ça ? Elle doit pas trop crever la dalle, la dame qui sait tout, comme pas mal d’artistes de par ici que je connais, obligés d’aller vendre du shit à la sortie des Vieilles Charrues pour s’en sortir). Journalisme mon cul ! Si c’est pour rapporter les mêmes conneries, le même nombre d’approximations, de « voilàààà » et de « vous savez quoi ? » que sur les radios privées, on pourrait largement économiser là-dessus, ça nous ferait moins mal au cul au moment de signer nos déclarations d’impôts. C’est marrant, ça, quand il s’agit de payer la taxe, ils les oublient pas, les « provinces ».

Vous voulez mon avis ? Grève ou pas, laissez-la éteinte, votre Radio-France. Faisez-la vous-même avec deux pots de yaourts et une ficelle, vous mourrirez moins cons.

Caporal Butun

Repas de famille chez les Le Pen

Marine : – Papa, tu fais chier avec tes sorties à la con. Combien de fois il faudra te le dire : je suis pas une agitatrice, moi, c’est le pouvoir que je vise. On est en mesure de prendre le pouvoir, dans ce pays. Et toi, tu diabolises encore le FN. Merde !

Jean-Marie : – Et toi, tu crois que t’es crédible, à reprendre le programme de Mélenchon comme tu le fais ?

Marine : – Plus crédible que toi, en tout cas !

Jean-Marie : – Gauchiste !

Marine : – Facho !

Jean-Marie : – Merci. Ça faisait un bout de temps que tu m’avais pas dit un truc sympa.

Marine : – Et tu penses les arrêter quand, tes conneries ?

Jean-Marie : – Je ne pense pas arrêter de parler, vois-tu. Et je vais t’expliquer pourquoi. T’as peut-être les dents qui rayent le parquet, mais en politique, j’ai un peu plus d’expérience que toi. C’est comme aux échecs : celui qui gagne, c’est celui qui prévoit plusieurs coups à l’avance. Alors, je vais te dire un truc : le scénario de la querelle entre le père et sa fille est un excellent scénario.

Marine : – Ah bon ! C’est la meilleure, celle-là !

Jean-Marie : – Pourquoi ? Parce que plus on diabolise le père, plus sa fille, en s’opposant à son père, devient un ange, un symbole de pureté, la Vierge Marie en personne.

Marine : – Explique un peu ta stratégie, ça commence à m’intéresser.

Jean-Marie : – C’est pas compliqué. La semaine prochaine, j’en remets une couche sur les chambres à gaz, le Maréchal Pétain et tout ce bordel. Toi, tu joues les vierges effarouchées, tu menaces de me virer du parti. C’est du gagnant-gagnant, comme dirait l’aut’ con. Moi, je reste droit dans mes bottes, je baisse pas ma culotte devant les rouges et les bougnoules, et toi, tu te refais une nouvelle virginité, tu deviens plus républicaine que l’UMPS, et tu fonces vers les sommets.

Marion : – C’est pas con.

Jean-Marie : – Prends-en de la graine, Marion !

Marine : – Putain ! T’as encore raison. On va tous les baiser.

Jean-Marie : – Juste un dernier conseil : tu ferais bien de surveiller ton langage ; le peuple n’aime pas que son chef parle vulgaire.

 

Saint-Zano

Les socialistes

Je peux bien vous l’avouer aujourd’hui qu’ils sont à terre, je n’aime pas beaucoup les socialistes. Même les frondeurs. Je veux bien admettre que la vieille légende selon laquelle ils enlèvent les enfants des écoles pour les manger ensuite pendant leurs cérémonies rituelles est un brin exagérée mais tout le reste est vrai. Ils mettent des cravates, ils font des discours et quelquefois ils sont même élus maire ! Rendez-vous compte du scandale ! Quand vient l’été, ils organisent des banquets républicains et font les beaux dans les comices agricoles. C’est là qu’ils tissent inexorablement leur toile et les voilà bientôt présidents de communautés de communes ou d’agglomérations. Certains poussent même le vice jusqu’à se faire élire députés, ce qui est le tremplin idéal pour devenir ministre. Et quand on est ministre, on se sent facilement pousser des ailes pour se présenter aux présidentielles et quelquefois être élu.
Toutes ces abominations ne seraient rien, tous ces crimes impunis ne seraient que billevesées si quelquefois, pas souvent mais quand même de temps en temps, on ne perdait ces fameuses élections. Et oui, même les socialistes peuvent perdre des élections… Alors devinez donc ce qui se passe ? Et bien c’est la droite qui est élue. Et là on est vraiment dans la merde.

Captain Krampouz

Un festival entre minette et loup

clito'rikdsUn petit coup de pub pour les filles du collectif Gast (Quimper), qui organisent ce weekend le premier festival des plaisirs sexuels, à Trégunc. Ce qui parait « olé-olé » l’est (ma grand-mère, elle disait comme ça pour tout ce qui se passe sous le menton) mais pas tant que ça non plus. Suffit de regarder la proposition : des sujets sérieux que d’ordinaire on cache sous les draps (ou le tapis, chacun voit midi à sa porte) et/ou des sujets ordinaires que l’on prend trop au sérieux. Genre ? « Clito un petit nom qui en dit long ». E brezhoneg ivez mar plij !

Le programme, c’est par là

Et pour la petite histoire, le sujet a été proposé à un magazine parisien « sérieux et allumé » pour lequel j’ai déjà travaillé. « Un reportage sur le premier festival du plaisir sexuel, autour du citoris, de la masturbation et-tout-et-tout, en Finistère, avec des nanas qui défendent un féminisme pédagogique et ludique, et organisent de temps en temps des ateliers pisse-debout, ça vous intéresse ? » Réponse du berger à la bergère : « Intéressant mais trop local. » J’ai souri et ai pensé qu’avec leur connerie de parisianisme pseudo-branchouille, j’étais à deux doigts de virer bonnet rouge. Deux doigts, ça va. J’ai de la marge.

Sainte Agnès