Plat, tout ça est plat

Vingt dious, ça s’énerve grave, en ce moment, on dirait… Les cheminots, les intermitteux, qui font grève pour défendre leurs intérêts… J’en connais qui disent plutôt « privilèges ». « Mais c’est pas pour nous, hein, va pas croire, c’est pour mieux servir le public, ou l’usager »…

Et Ségolène qui veut foutre je sais plus combien de bornes de recharge électriques sur tout le territoire… Y a qu’elle qui a une bagnole électrique, de toute façon. Même les stoppeurs veulent pas grimper là-dedans, ils ont un but, eux.

Ça s’énerve, mais pas pour longtemps. L’été arrive, et tout le monde s’en fout déjà. Notamment les Bonnets Rouges, tellement occupés à polluer la nappe phréatique qu’ils ont même plus de temps pour un petit pique-nique en famille. Et Troadec qui comptait sur eux pour mettre la Bretagne à feu et à sang… Le captain Krampouz en parle, là, juste en dessous, en invoquant Mitterrand et Hollande… Laisse donc les morts en paix, Krampouz.

Tout le monde attendra la rentrée pour râler. Mais faut dire, y a le foot, aussi… Tout le monde a autre chose à faire… Les footeux sur canapé n’ont pas assez de doigts pour ouvrir leurs binouzes, et pendant ce temps-là, ceux qui s’en foutent du foot n’ont qu’une bite pour s’occuper des femmes des footeux.

On s’énerve pour un rien, dans ce pays.

Colonel Chouchenn

Les herbes folles résistent !

Nous avons reçu ceci de l’un de nos lecteurs (il se reconnaîtra et s’il le souhaite, il pourra se faire connaître) : « Je transmets cette merde : Monsanto qui propose des échantillons gratuits de Roundup sur facebook… (c’est par là). La pire saloperie depuis le DDT ! A destination des particuliers, sous un packaging très sympa, style déodorant pour les aisselles. Et des dizaines de commentaires du style : « Félicitation, votre demande a bien été prise en compte ! Vous allez recevoir prochainement un échantillon de Round-up Gel » (…) Je sais pas quoi en faire, je l’ai posté sur une page « permaculture », mon post a été supprimé au bout d’une heure, … contacter les administrations ? mon député rose ? euh… et puis j’ai pensé aux beg bras endimanchés. »
La réponse de la grande Marie à Monsanto : des bocaux de baume de plantain, confectionné avec ses petites mains (elles sont aussi grandes, ses mains) après une cueillette dans les champs. David contre Goliath. Qui est Goliath ?

Correspondances comme en 14

Le  centenaire de la grande guerre fêté avec tambours et trompettes. Et plus aucun Poilus pour témoigner et raconter ce qui peut à peine être entendu.

Pour accompagner les fabuleux dessins de Marcel de la gare, publiés dans un album hommage aux Poilus en 2006, quelques textes issus des courriers des archives de l’Armée. Ils ne sont jamais parvenus à leurs destinataires, pour la bonne raison qu’ils étaient morts avant de les avoir lus. Parfois, ça vaut mieux ! En tout cas, ça donne une idée de la France de « l’arrière » et de son ignorance de la souffrance des Poilus, entretenue par la propagande patriotique. Premier jet piqué dans un recueil de ces lettres qui ont été publiées et jouées au théâtre, dites par Yann Colette et mises en scène par Martinelli avec les éclairages de Claude Couffin… 

Gérard Alle et DS

Le pingouin

Loin de moi l’idée de vouloir alarmer la petite communauté qui nous lit mais je voudrais pas dire, à 3 h 30 de vol de Paris, ça craint. Avec une discrétion de loup déguisé en grand-mère, Poutine grignote l’Ukraine, par son flanc Es,t avant, peut-on l’imaginer, de traverser le Dniepr, à la nage, le couteau cranté coincé entre les dents, pour bouffer le reste du monde. En réponse, pour freiner l’escalade et espérer la « désescalade » (!), l’Union européenne et les États-Unis gèlent les avoirs des copains du tsar autoproclamé. Et Poutine rit. À gorge déployée. Loin, à l’abri des frontières, ce ne sont plus les déflagrations que l’on entend. Ce sont des borborygmes.

Le plus étonnant, dans cette histoire, c’est l’apparente tranquillité avec laquelle nous assistons au banquet, frappés, une fois encore, par le syndrome du « nuage de Tchernobyl » qui se dissipe passé l’Allemagne ombragée. En France, l’heure n’est pas aux hypothétiques prévisions géopolitiques. On a assez à faire à la maison. Il y aurait pourtant beaucoup à gagner en divertissement à s’intéresser à l’Ukraine. La cérémonie des enterrements serait orchestrée par un pingouin. Un vrai pingouin. Un costume-cravate utile, par les temps qui courent, c’est porteur d’espoir.

Captain Krampouz, lui, voit des cochons partout. Et délivre ses sésames.

Sainte Agnès

L’absurde

Christian Troadec, le maire de Carhaix, un des « chefs de fil des bonnets rouges »  a présenté hier sa liste « Europe, nous te ferons », pour la circonscription Ouest (cette même Europe qu’il brocarde dans les colonnes de la presse « jacobine »). À ses côtés, de « nombreux » bonnets rouges présents à « titre personnel » (lu, entre autre, sur le site… du Parisien…). Le programme ? Faut pas chercher bien loin : un rapide condensé des 11 revendications portées par les bonnets rouges qui se défendent d’être le marche-pied d’un quelconque mouvement politique (en vrai, ça sent à plein nez l’azote ultra-libérale).

Donc, pour résumer, Christian Troadec a été candidat à toutes les élections au suffrage universel direct et indirect (oui, il a été candidat aux sénatoriales). Chapeau mec. Vivement 2016 qu’il annonce officiellement être à la recherche des 500 signatures d’élus qui lui permettront d’être candidat à l’élection présidentielle. À gauche, au milieu, à droite, au carrefour de son parcours politique sinueux, y aura bien 500 couillons pour le soutenir. On croyait l’absurde réservé aux écrivains. On se trompait.

Captain Krampouz s’étouffe, Pierre Le Gall s’amuse.

Sainte Agnès

Au premier temps, de la valse

Ça craint. J’aimerais être morose, penser Verlaine, fredonner Brel, me souvenir de Romain Gary mais les seuls vers qui me viennent en tête, ce matin, sont : « Il est vraimennnnt, il est vraimennnnt, il est vraiment phé-no-mé-nal ». François ne nous épargnera donc rien. Même pas l’allocution présidentielle pré-enregistrée de qualité acoustique moyenne ni les envolées lyriques pour nous rappeler, comme un mantra, qu’il est le même. Le Bourget, c’était hier. Le changement, c’est maintenant. Chante Julio, chante les lendemains : « Non, je n’ai pas changé / Je suis toujours ce jeune homme étranger… » Il bruisse le départ de Christiane Taubira. Et avec elle, Léon-Gontran Damas, René Char et Lévinas. Hollande chantait. Il va danser maintenant. « Au premier temps, de la valse… ».
AdriMontef fourmille dans ses champs. Et poursuit sa réflexion sur le « modèle agricole ».

Sainte Agnès

Un trottoir avant ce soir

Ce soir, 23 h 59, la campagne du second tour des élections municipales prend fin. Quelques heures encore pour profiter des (futurs et ex) élus de gauche dans la rue, dans les bistrots, sur le marché, à la sortie des vêpres, aux portes des 3 boulangeries du patelin. En insistant bien (pas tant que ça finalement), sur demande, en échange d’une promesse de vote, sans hésiter sur les mots, ils citeront du Jaurès et/ou du Blum. Optionnelle : la main sur le cœur. Il faudra alors promettre le soutien du fils abstentionniste. Automatisme des temps modernes. Jaurès, Blum, c’est beau, ça met la larme à l’œil, ça remplit le cœur de bonnes intentions, mais ça nourrit pas le frigo.
Ces prochains jours, il faudra plaindre les battus. Les plaindre d’avoir perdu ce qui leur était dû : une mairie. Avec un peu de chance, y en a même qui vont verser quelques larmes. Celles de la victoire ou de la défaite, c’est selon. Pour panser la plaie, un sourire, une poignée de main amicale, qu’importe la nature du geste, il sera apprécié. Par contre, comptez pas sur eux pour vous payer un galopin au troquet. « Tu comprends, avant on avait nos émoluments… ».
J’aime le croire, il y a encore quelques élus, ou aspirants élus, sincères et dévoués. Pour ceux-là, le suffrage universel a encore du sens. Pour ceux-là, l’achat d’une chemise neuve pour aller voter n’était pas inutile.
Nassredine part en mission. Comme Hollande, au Bourget, il galvanise les foules. Pour connaître la chute du billet d’Alice, lire dans la dernière feuille d’imposition des plus grosses fortunes françaises. « Tu la vois la lumière au fond du tunnel ? ». Briac sort en mer.

Sainte Agnès

Jour des épousailles

Aujourd’hui, jour des alliances, des épousailles et de la ripaille à la sous-pref.
Quand on connait le prix à payer pour organiser des noces, par comparaison au fric (si peu !) à débourser pour classer un divorce, mieux vaut commencer la vie à deux par une séparation. Et limiter les pots cassés.

Ce matin, 2ni a trempé sa plume dans la rhétorique gothique (punk ?) de Coluche. Captain Krampouz a mangé du poète au petit-déjeuner.

Sainte Agnès

Merde, pas le FN !

La crise, le ras-le-bol des élites, la détresse, l’impression de se faire enfler (pour pas dire autre chose) 3 fois par jour, je vois, j’entends. Les classes moyennes qui ont trop pour pouvoir avoir un peu plus, d’accord. Les affaires d’Etat, les mensonges, les abus de pouvoir, Ok. Mais merde, pas le FN ! On vote blanc, on s’abstient, on monte des piquets de grève, on écrit des lettres ouvertes, on sort dans la rue, on bloque les services publics (ce sont des idées), on arrache les pavés, on s’enchaîne aux grilles des écoles mais on donne pas sa voix aux fachos. Pas d’excuse. Elle est où la « conscience politique » ? Sur le canap’, derrière le poste de télé, devant les gros lolos d’une pétasse qui défile en maillot sous les yeux d’un merlan frit qui a confondu l’huile avec la crème solaire. De leurs pores transpire la vacuité du monde. Télés réalité, chaînes de désinformation, 24 h / 24 une génération désengagée sous perfusion de débilités. Tapez 2, 3 ou 4 mais merde, pas le FN.
Gamine, ado, à la maison, on parlait pas de politique. Les parents étaient trop occupés à usiner et à remplir de billets le gros bocal (vide) de potée auvergnate pour partir en vacances (je l’jure, j’ai jamais piqué dans le bocal, la vie, c’est trop précieux). Mais quand Le Pen pointait son cache-œil à la téloche, on zappait. J’ai pas attendu la bouche ouverte qu’on m’explique. J’ai cherché, fouillé, lu. Et me suis fait offrir un livre sur la Shoah. Shoah ? Une marque de pompes ?
Saint Dick, dans un très bon billet, à son échelle, nous raconte comment ce monde marche sur la tête. Pour ce résultat, ça valait le coup de marcher sur la lune…

Sainte Agnès

PS : comptez plus sur moi pour écrire sur Troadec. Qu’ils se démerdent à Carhaix et ailleurs avec leur bonnet rouge.

L’impair du jour

Captain Krampouz joue son va-tout : à 6 jours du premier tour des élections municipales, il faut avoir une sacrée paire de courges dans le pantalon pour provoquer en duel ce qu’il appelle le Troadecus imperator, le trotskiste carhaisien, qui n’a de trotskiste que la couleur des joues. Si sur le papier l’homme au bonnet rouge semble imperméable à la critique, le spécimen se permet pourtant quelques impairs. Il fallait l’entendre l’autre jour à France Bleu promettre de convoquer la Justice (bretonne) pour arbitrer ses petites blessures personnelles. Par ici la musique. On n’est pas des impérieux. On est sensible à la détresse de l’homme de pouvoir qui est obligé de changer de fusil à son épaule pour abattre les derniers récalcitrants.

Qui perd gagne : Poutine vole la Crimée à l’Ukraine au nez et à la barbe de la communauté internationale. Désormais, tout est permis même les jours impairs.

Sainte Agnès

C’est nouveau

« Les cons, ça ose tout… » Jamais la réplique n’aura trouvé autant d’écho dans la vie politique. Pas besoin de lorgner du côté des élites. Niveau local, on a du champion de compétition. On se souvient de Christian Troadec qui affirmait en 2008 avoir reçu « l’onction divine des électeurs ». Ou le député Le Fur qui, pour sa réélection à l’Assemblée Nationale proposait « la hausse du Smic qui devra être suivie par tous les salaires et notamment les plus modestes ». Et plus récemment le numéro de stand-up des bonnets rouges. Alors Saint Zano a eu une idée : faire l’inventaire de ces phrases qui trouent le cul. Pour inaugurer cette nouvelle rubrique, on ne pouvait faire l’impasse sur le patron de la FDSEA. De lourd, du costaud, du roboratif. Pour le beau, l’onirique, le léger, on peut compter sur Briac.

Sainte Agnès

PS : On n’a pas les moyens de mettre tous les pennoù bras sur écoute. Mais on est preneur de leurs sornettes. Partagez-les, nous les publierons. Correspondance via dilhadsul@yahoo.fr

Les uns et les autres

Dans moins de 15 jours, les élections municipales. Toutes les listes, de droite comme de gauche, veulent « bien-vivre ensemble », être « unis et solidaires » et en « ordre de marche », avoir « un cap », de « l’avenir » et/ou de « l’ambition », « agir » et faire de la politique « autrement ». Le choix de l’embarras. Pour en savoir un peu plus sur les réelles « ambitions » et les couleurs politiques, il faut prendre son courage à deux mains, le jour-même, et se plonger dans ce qu’elles appellent leur « programme » lequel parfois prend aussi des allures de « bilan ». Je sais, ça donne pas envie. Pourtant, c’est nécessaire. Entre Pierre, Paul et Jacques, et entre les lignes, il y a quand même de sacrées différences. Par exemple, le maire sortant, candidat à sa réélection pour la énième fois (quand le mandat de maire est confortable, ça pue l’embrouille), qui assure vouloir davantage de solidarité pour son hypothétique prochain mandat, ça sent la rose. Ça fleure le type qui en a rien à carrer des autres mais lorgne sur son nombril. Tout ça pour dire (pas grand chose) qu’il y a les uns et les autres et qu’une élection c’est trop important pour faire l’impasse sur le scénario du casting. Un jour, les gaziers, ils disent vouloir être président (de la République). Y en a même qui deviennent ministres. Captain Krampouz, c’est à toi.

Sainte Agnès

Roubler au pays

Mais quelle déception ! La montagne des bonnets rouges a accouché d’une souris. Tant de raffut pour ça ! On lit en Christian Troadec comme dans un livre ouvert. S’ils nous avait demandé de lister ses onze propositions, pour davantage de régionalisation avec un pouvoir centralisé à Carhaix, on l’aurait fait sans difficulté, sans avoir à tricher sur son ancien blog de campagne Nous te ferons Bretagne (il nous prend vraiment pour des cons !). Ma préférée : « Renforcer l’expérimentation, le dialogue, la transparence et le « vivre ensemble » en Bretagne ». Autant de vacuité dans une même phrase devrait être puni par l’Académie française. Onze propositions donc. Pourquoi pas 12 ? Je suggère d’ajouter ceci pour brosser le parfait tableau : « Organiser sur le territoire une Justice bretonne ». Étrange qu’il n’ait pas osé. Cumuler et roubler, c’est épuisant. On perd ses fondamentaux.
Alain Goutal répond à l’invité du jour, AdriMontef…

Sainte Agnès

Saint de pacotille

Les bonnets rouges (pour rappel et raccourci, mouvement né de la contestation de l’Eco-taxe puis du rejet de tout sauf des patrons licencieurs et des idées pas toujours très catholiques) se préparent. Samedi 8 mars, à Morlaix, les pieds dans l’eau, ils remettront leurs cahiers de doléances. Ce sont « Les États généraux des bonnets rouges ». Ouais, ça en jette. Sauf que le bonnet a du plomb dans les cottes. Et que les gaziers, ils maillent pour leur tronche. Naître, vivre et travailler au pays… « en graissant la patte des pennoù bras » ont-ils oublié de préciser. Qui est encore dupe ? Le problème de la Bretagne, ce n’est pas la crise économique. C’est la perte de la foi. Les Bretons ne savent plus à quel saint se vouer alors quand le premier mariole ceint dans dans une écharpe gwenn ha du (!) passe, ils lui font allégeance. Sans gratter le vernis. Les icônes, embrassées par les Ukrainiens place Maïdan, ont un avantage : elles sont dorées à l’or fin. Pas au plaqué or. Pour avoir l’étoffe du Guide et berner jusqu’à la moelle les miséricordieux, il faut s’en donner les moyens. Attention aux habits de pacotille.
Photo à-propos de Pierre Le Gall. Et analyse référencée de Gérard Alle.

Sainte Agnès