Ça va jâzzer…

Au départ, j’étais partie pour écrire sur la fessée. Rapport à l’actualité. Une petite fessée, cul nul, ça n’a jamais fait de mal à personne. Ça peut même faire du bien. Je me souviens en avoir reçu une mémorable avec mon instituteur sur un terrain de tennis. J’avançais quand la balle arrivait. Lui me demandait de reculer. Alors, pour ajouter de la perversité à ma complexité, il s’est mis à me courir après (moi, j’avançais toujours) pour me donner une déculottée. Je soumets donc le sujet à mes petits camarades de Dilhad Sul en espérant susciter chez eux l’enthousiasme et l’entrain coquins qui d’ordinaire sont les leurs. En lieu et place, ils me racontent leurs mamies qui se fouettaient les jambes avec des orties pour stimuler la circulation sanguine. Ça m’a coupé la chique. La fessée dissertée, ce sera une autre fois.

Visuel recto CD Birinik

Entre temps, j’ai reçu le nouvel album de Régis Huiban et de son quartet.
À la première écoute, faut être honnête, je ne peux pas prétendre avoir reçu « une grosse claque ». Le jazz m’égare. Je n’y retrouve pas toujours mes petits. Je perds mes repères. Je cherche la gavotte ; j’entends des envolées lyriques qui me laissent coite. Comme je sais le garçon brillant et ses partenaires de voyage talentueux, j’ai insisté. J’ai passé le disque une seconde fois dans le poste, sur la route de Pont-Croix, dans le pays bigouden. Les conditions étaient alors optimales : clim muselée, fenêtres fermées, oreilles grandes ouvertes. La pugnacité a payé. La virtuosité m’a touchée.
Les sept morceaux de cet album, je les comparerais aux dessins cousus mots de Cocteau. Ici et là, de courts repères figuratifs ; des fils d’Ariane : un air de gavotte des montagnes ; un autre de l’Aven ; 10 secondes d’Hymne à la joie ; les oiseaux bigoudens, etc. Point trop n’en faut. Juste ce qu’il faut pour rassurer les mélomanes des dimanches Sevran comme moi. Comme dans une gare où jamais je ne perds de vue le numéro de quai de Mon train, mais où je garde le lien avec des rêves d’ailleurs, je m’y suis raccrochée. Rassérénée, le décor pouvait être planté. Mélodie Gardot, Django Reinhardt et les Aristochats s’invitent dans ma voiture. Je les entends. On est nombreux dans une auto qui de loin ressemble à une boîte à savon montée sur quatre roues. L’accordéon de Régis souffle le swing sous mes fesses. Et si c’était ça prendre « une méchante fessée » ? J’accompagne de ma voix les cordes (pardon les cordes…). Je suis à deux doigts de m’inscrire à un cours de batterie pour poussins, option balai. Les frontières de ce disque ne sont alors plus bretonnes. Elles ne sont plus tout court. Y a de la buée sur mon pare-brise. Je ventile. La magie se dérobe.
Birinik, un album lumineux à offrir seulement aux gens qu’on aime, ceux avec qui on a des envies de longs et beaux voyages. Pas aux autres. Ce serait donner des oursins aux Bigoudens.

Sainte-Agnès

Edit 1 : Birinik, c’est l’histoire musicale du train bigouden, le « transbigouden ».
Sept plages pour sept gares. Au moins, Régis Huiban n’a pas eu à se casser la tête pour débusquer des noms à coucher dehors pour ses morceaux. Des tracas en moins. Y a déjà assez à faire. Ils s’appellent Plobannalec, Guilvinec ou Treffiagat.
Edit 2 : Pour écouter la zik, c’est par là

L’orchestre du dimanche (1)

Amis lecteurs, voulez-vous découvrir les musiques qu’écoutent les contributeurs de Dilhad Sul ?
Ah, j’en vois un qui a dit « mmmoui, peut-être… ». Eh bien rien que pour toi, ami qui n’as pas peur, et en attendant les titres sélectionnés par chaque membre de l’équipe, voici pour commencer l’œuvre retenue par Maître Knopp, avec un vrai lien direct pour l’écouter dans la foulée – hop !

Ludwig von Beethoven : Quatuors
Un pochetron germain, accro au mauvais vin hongrois trafiqué au plomb, saturnisme et surdité, ici le mot génie n’est pas usurpé ! C’est des japonais qui  s’y collent…
http://www.youtube.com/watch?v=mqUFUKiRe1A